Corrigez vos erreurs de lancer

Pour bien pêcher à la mouche, la connaissance des insectes et de leurs imitations, les habitudes de vie de dame fario selon les saisons, ainsi qu’un bon sens tactique et une maîtrise des différentes techniques sont autant d’atouts qu’il nous faille posséder.

Mais la bonne exécution du lancer de la mouche est un paramètre fondamental, je dirais même incontournable, car elle conditionne par la suite bon nombre de réussites ou d’échecs au bord de l’eau. Car, celui qui a le bon geste, s’accommode de toutes les conditions de pêche rencontrées, et ce n’est pas par hasard qu’il prend plus de poisson.

Il passera inévitablement plus de temps à pêcher l’eau que les arbres qu’il l’entoure, et évitera de s’exposer à d’inextricables perruques, bouclages, accrocs… A l’aide d’une gestuelle adaptée, il se fatiguera beaucoup moins et sera plus lucide, donc plus efficace, même après plusieurs heures de pêche. Il posera sa mouche en douceur avec précision.

Car le pêcheur qui possède une technique affinée, au contraire du débutant, n’aura pas épuisé son influx nerveux et sa concentration a démêler ces bas lignes.

En fait pour bien pêcher à la mouche vous devez posséder un niveau technique satisfaisant. Mais pour cela il est capital d’identifier et de comprendre les différents paramètres qui décomposent le mouvement du lancer. Ainsi vous serez en mesure de comprendre vos erreurs et de les corriger.

Comment améliorer sa technique de lancer?

bien lancer au fouet

l’arraché tu maitriseras

Tout commence par l’arraché. Bien arracher sa soie est un geste important que le pêcheur à la mouche à tout intérêt à maîtriser. La réussite de cette phase du lancer détermine la qualité et les performances du jet suivant, et par conséquence directe la valeur du posé. En petite rivière, c’est souvent un arraché et un posé sur le lancer avant suivant.

L’arracher est un geste technique destiné avant tout à amorcer le lancer, et a charger votre canne. Il génère l’énergie nécessaire pour la suite de vos faux lancers. Le pêcheur qui sait bien arracher sa ligne reste discret, et économise fatigue et temps :

  • il pêche bien
  • et vite.

En action de pêche, réussir cette phase du lancer, c’est aussi conserver toutes ces chances pour un second passage de la mouche. Un arraché mal maîtrisé qui sabre la surface de l’eau a pour effet d’alerter les poissons et de casser le coup. Ce bruit de succion au moment du relevé est produit lorsque la soie est arrachée avec une vitesse trop importante, ou lorsque que vous avez trop de longueur de soie sortie sur la surface de l’eau.

Cette vitesse excessive engendre aussi un  » sifflement  » de la canne, qui à tendance à provoquer un tas de parasite néfaste à la transmission d’énergie. La solution dans ce cas, consiste a réduire la longueur de soie pour n’en laisser que quelques mètres sur l’eau, et à ajuster la vitesse d’arraché. L’arraché doit s’effectuer avec une vitesse plus lente, mais toujours sur un principe progressif, souple et sans à coup, dans le but d’obtenir au moment du blocage arrière la vitesse maximale nécessaire à l’optimisation de la transmission d’énergie.

S’il vous arrive par contre d’arracher trop mollement votre soie de la surface de l’eau, vous ne parviendrez pas à transmettre l’énergie nécessaire au bon déploiement de l’ensemble soie bas de ligne. De ce fait le lancer arrière n’est pas assez puissant et la soie perd de son énergie. Vous manquerez de puissance et de précision.

Par conséquent, votre shoot sera inefficace et vous effectuerez au final un posé en paquet, la soie et le bas de ligne ne se dépliant pas en totalité. Autant dire que vous pouvez changer de poste… Dame fario restera tranquille pour un bon moment !

N’oubliez jamais votre vitesse d’arraché doit se faire progressivement, de façon énergique et en souplesse, mais jamais brutal et sans à coup

Décomposition de l’arraché pour réussir votre lancer

Comment réussir Les phases d’un bon arraché :

  1. Canne en position 9 H,
  2. récupérez de la soie pour n’en avoir que quelques mètres à la surface de l’eau et garder votre soie tendue.   
  3. Relevez doucement et en souplesse votre canne en position 11 H afin de diminuer la longueur de soie en appui sur l’eau. et de former un angle 45° avec la surface de l’eau.   
  4. Arrachez votre soie, avec une vitesse progressive, souple et sans à coups, jusqu’à la position 13H. Cette phase à pour objet de créer l’énergie et de la transmettre à la soie.   
  5. Bloquez votre mouvement en position 13 H. C’est au moment du blocage que vous atteindrez la vitesse optimum nécessaire pour la meilleure transmission de l’énergie.

Les blocages arrière et avant :

 » il faut serrer la boucle «  En action de pêche, un grand nombre de pêcheur, même confirmés stoppent leur mouvement arrière trop tard et positionnent ainsi la canne en position trop basse. La soie descend alors sous la perpendiculaire de la canne et vous perdrez une partie essentielle de l’énergie créée.

Cette ouverture angulaire est souvent provoquée par une cassure du poignet trop importante. En effet, un moucheur qui travaille essentiellement avec son poignet crée un mouvement rotatif, donc irrémédiablement une grande boucle, dans la plupart des cas néfaste, sauf cas particulier (streamers, leurres lourds…).

Le geste que vous devez adopter est au contraire un mouvement linéaire. Lors du lancer linéaire le bras tout entier travaille sans cassure du poignet. Habituez- vous à travailler avec le poignet bloqué. Le talon de votre canne doit être collé à votre avant bras tout le long du mouvement.

N’hésitez pas a positionner le talon de votre canne dans votre manche ou de vous le fixer à l’aide d’un scratch, élastique, cordelette, autour de votre avant-bras. Vous pouvez aussi opter, afin de vous habituer, pour une prise en main avec l’index situé sur le dessus de la poignée. Cette prise vous permet de limiter l’ouverture angulaire dut à la cassure du poignet.

Un angle de lancer trop ouvert favorise aussi l’ouverture de la boucle et dans bien des cas vous toucherez l’eau ou le sol, pour y laisser au final votre bas de ligne ou au mieux votre mouche. C’est bête mais seul un angle plus serré permet de récupérer ces erreurs.

L’autre cause du touché arrière est une trop grande longueur de soie en mouvement, que l’insuffisance de puissance, d’énergie créée, ne permet pas de maintenir correctement en l’air. Dans ce cas il faut augmenter la vitesse de déplacement de la soie.

Très vite vous constaterez que vous devez adapter la vitesse de déplacement de la soie selon les conditions de pêche rencontrées et le matériel utilisé, pour bien maintenir votre soie dans les airs et l’empêcher de venir toucher le sol à l’avant ou à l’arrière.

Si votre blocage arrière est parfaitement effectué en position 13 heure, et que votre vitesse de déplacement de la soie est adaptée, celle ci formera dans les airs une boucle serrée. Une boucle serrée et vous gagnerez en précision, aurez plus de facilité à percez le vent (moins d’appui du vent sur celle ci), et vous permettra de poser votre mouche dans des postes difficiles d’accès autrement (ex : sous un buisson surplombant la rivière).

Lors du shoot, encore faut-il soigner la qualité du posé pour ne pas effrayer le poisson.

Comment bien poser sa mouche sur l’eau?

ameliorer ses lanccer pour la peche à la mouche

Nombre de pêcheurs ont tendance à baisser un peu trop leur canne sur le lancer avant, provoquant alors un posé plaqué. Résultat : la soie va se poser trop bruyamment.

Un shoot effectué trop tôt et la boucle devient trop large. Pour éviter ces posés catastrophes la canne doit être arrêtée en position 10 H, et le pêcheur  » accompagnera  » le posé.

Maitriser les arrêts

Au moment d’entamer la phase avant du lancer, le bas de ligne vient s’emmêler avec la soie. Le temps d’arrêt sur le blocage arrière n’est pas bien respecté. Le lancer avant démarre avant que la totalité de la soie ne soit déployée en arrière. D’un coté la soie la soie se retrouve déployé en avant, tandis que de l’autre le bas de ligne, n’est pas correctement déployé en arrière.

Les deux parties qui se dirigent en sens inverses, vont donc se croiser et un nœud se produit au point de rencontre des deux parties. Pour éviter cet incident il faut absolument respecter un temps d’arrêt, afin d’attendre le déploiement total de la soie en arrière.

Il est évident que ce temps d’arrêt est d’autant plus long que la longueur de soie sortie est longue, afin de permettre à celle ci de se dérouler correctement. Ce bouclage peut aussi être la conséquence d’un manque de transmission d’énergie. Auquel cas augmentez la vitesse de déplacement de votre avant bras, lors de vos mouvements avant et arrière afin de créer un surplus d’énergie.

Le lancer de la mouche est un geste qui s’apprend très vite. Corrigez vos défauts de façon progressive. Pour vos premiers lancers, n’essayez pas d’atteindre des distances records, veillez plutôt à maîtriser les différentes phases du lancer tout en gardant une parfaite régularité de mouvement.

Lorsque vous parviendrez à déployer 10 ou 15 mètres de soie sans toucher à l’avant ou à l’arrière, essayer de réaliser une petite boucle serrée tout en respectant les blocages avant et arrière et la progressivité de la vitesse de déplacement de la soie. Alors vous serez prêt pour l’étape suivante  » poser correctement la mouche sur l’eau ».

Quant à moi je ne serais que trop vous conseiller de vous diriger vers un Moniteur Sportif Mouche et Lancer afin de vous initier ou vous perfectionner au lancer de la pêche à la mouche. Je suis certain qu’il y en à un prés de chez vous. Alors n’hésitez pas, vous verrez qu’avec l’appui d’un véritable professionnel vous progresserez de façon significative et très rapidement.

Quelques trucs à respecter pour améliorer votre lancer :

  • Ne casser pas votre poignet. Calez votre canne contre votre avant-bras et servez-vous de celui-ci pour effectuer les gestes. Faîtes travailler votre avant-bras et oubliez totalement votre poignée .
  • Respectez bien les positions de blocages : 13 heures pour le blocage arrière et 11 heures pour le blocage avant. 10 heure pour le posé.
  • Maîtrisez les temps d’arrêts et attendez que la soie soit correctement déployée pour passer sur la phase suivante du lancer.
  • Ne soyez pas brutal lors des phases de déplacement de la soie. La vitesse de déplacement de la soie doit être progressive souple et sans à coup. Prenez garde à mettre autant d’énergie sur la phase avant du lancer et sur la phase arrière du lancer.
  • Essayez de faire un geste linéaire et non pas rotatif

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